Insignifiances signifiantes
       Tous les cyclistes connaissent ou du moins sont supposés connaître les signes conventionnels de la circulation: main gauche levée vers le haut pour indiquer un virage à droite - bras tendu pour un virage à gauche - bras vers le bas pour signifier un arrêt. Tout semble bien clair et pourtant ça ne l'est pas toujours. Je suivais récemment un cycliste qui me faisait souvent des signes pas toujours conventionnels: parfais il se grattait les oreilles ou replaçait son casque; une autre fois il salua un passant d'un signe de main vers la gauche, ce qui m'obligea à freiner; enfin il décida carrément de me couper le chemin en me saluant gaiement de son bras levé!

         Je dois avouer que ses signes n'étaient pas toujours signifiants, pour ne pas dire parfois insignifiants.

        Il en est ainsi des événements fortuits de ma vie. Je ne suis pas de ceux qui cherchent à interpréter leurs rêves ni qui ressentent des "pensées positives" à tous propos lors de leurs rencontres. Bref, il existe dans ma vie des signes vraiment non signifiants.

        Mais parfois c'est différent. Dieu me fait des signes clairs, m'invitant à tourner à droite ou à gauche, à freiner certaines ambitions ou à m'arrêter tout simplement. Il m'appartient de décoder à travers mon quotidien ces pistes de route et à les considérer avec sérénité. Car lorsque Dieu fait signe, il n'oblige jamais mais nous invite à conduire prudemment.
           Je crois même que parfois Dieu, en guise de signe, "se gratte la tête" simplement pour voir ma réaction ou encore parce qu'il est tout surpris de voir ma façon de guider mon vélo !