Rien... ou presque!

Un chrétien fait sa prière au Seigneur:

- "Je viens à Toi, Seigneur, sans rien dans les mains.
- Alors, laisse tomber!, lui réplique le Seigneur.
- Mais comment laisser tomber? Il n'y a rien.
- Alors, emporte-le avec toi!"

     Il est relativement facile d'épouser une certaine forme de dépouillement mystique et de s'en faire subtilement une possession attachante. Vous connaissez sans doute autant que moi cette race de bénévoles acharnés qui planifient leur don d'eux-mêmes d'une façon quasi informatisée et qui se plaisent à comptabiliser leurs heures de dévouement à la manière d'un secrétaire du ministère du revenu. Quelle belle offrande à présenter par la suite au Seigneur.

      Mais Lui n'a que faire de ces dons intéressants sans doute, mais aussi intéressés...

       L'importance dans tout bénévolat, c'est justement de laisser tomber son ego., cette bête intérieure qui s'engraisse tout autant dans la pauvreté que dans la richesse, dans l'austérité autant que dans l'abondance, dans le don tout aussi bien que dans l'égoïsme. "Il n'y a rien dont l'ego ne s'emparera pas pour s'enfler lui-même".
 
     On peut emporter une possession de son rien, et emporter sa possession avec soi comme un trophée. Il ne faut pas laisser tomber ses possessions: il faut laisser tomber son ego... Pour cela, il faut davantage de spiritualité que de théologie:



Théologie:
      L'art de raconter des histoires sur la divinité; aussi l'art d'écouter de semblables histoires.
Spiritualité:
       L'art de goûter et de sentir dans son coeur la signification intérieure de semblables histoires, au point d'être transformé par elles.