La couleur du temps

- Prends ton temps! 
- Je n'ai pas le temps!
- Tu perds ton temps!   
- Ca prend du temps!
- Je manque de temps!  
- Quel temps fera-t-il?

        Il est étrange de constater comment on utilise le temps, surtout dans les conjugaisons grammaticales où on lui donne toutes sortes de formes: présent, passé, futur, imparfait, plus-que-parfait, etc. Cette dernière forme est spécialement attirante: imaginez un temps qui serait plus que la perfection! Mais là où toutes les dissertations sur le sujet atteignent leur apogée, c'est lorsque nos météorologues nous parlent de la couleur du temps. Dans un langage spécialisé, photos satellites à l'appui, ils essaient de deviner ce que nous réserve le temps futur, en s'appuyant évidemment sur le passé, avec statistiques et comparaisons.

        Comme résultat, tu te lèves le lendemain avec de la neige ou de la pluie, des nuages ou du soleil, sans pour autant que le ciel ne te tombe sur la tête et tu continues à manquer de temps ou à trouver le temps long!

        On raconte qu'un petit poisson de l'océan demanda un jour à un vieux requin:
- Dites-moi où je peux trouver ce qu'on appelle l'océan?
- L'océan, rétorqua le vieux poisson, mais tu nages dedans!
- Ca? Ce n'est que de l'eau! Ce que je cherche, c'est l'océan!"

      Et le jeune poisson déçu repartit d'un coup de nageoire pour chercher ailleurs ce dont il rêvait.

      Ainsi en est-il du temps. Le passé, tu ne peux en rien le changer; le futur, tu n'es pas assuré de le voir; mais le temps présent, tu es dedans!

      Alors, petit ou gros poisson, cesse de chercher ou de perdre du temps: donne lui de la couleur, non celle de la météo, mais la tienne: tu ne peux manquer ton coup!


                  Et en attendant le plus-que-parfait, vis le temps présent!