Ma lampe
 
Tout jeune, mes vieilles tantes me demandaient:
"Quel âge as-tu?"
Et
de mes doigts hésitants,
je leur montrais mes trois printemps

Maintenant parvenu à l'âge de mes vieilles tantes disparues, on me harcèle encore avec la question d'âge que l'on appelle effrontément lâge d'or, un "or" qui traîne avec lui rhumatisme, arthrose, revenu modeste, insécurité, sentiment de vieillissement et de non-productivité dans ce monde où " le faire est plus important que l'être ".
"L'âge d'or, troisième âge, retraite ", autant de termes discriminatoires qui veulent subtilement me rappeler que je dois remiser ma carcasse au garage pour faire place aux jeunes. Nos voisins du sud ont pour leur part une façon plus élégante de désigner les " cocos blancs " qu'ils appellent " senior citizen ". On n'est vraiment plus aux temps de la Rome antique où seuls les sexagénaires avaient le droit de s'occuper de la chose publique et à qui on donnait le titre de sénateur - du latin " senex - vieux " - synonyme de sagesse et d'expérience.

Mais qu'importe!
Ma lampe intérieure est-elle assez rayonnante pour percer la nuit du monde contemporain, pour éclairer un peu plus le milieu où je vis?


Seigneur
La route de ma vie se fait longue;
Ma lampe ne manque pas d'huile ni de flamme,
Mais la mêche de mon existence diminue...

Tiens ma lampe allumée,
Jusqu'à ce que la flamme de l'espérance
Soit remplacée par la clarté de ta vision face à face!