C’est la mode !

Cette fille affublée d’un pantalon trop court, exhibant un nombril à l’air : est-ce celui de ses dix ans qui n’a pas grandi avec elle ?
    Non, c’est la mode !

Cette autre qui porte une minijupe si courte : l’a-t-elle empruntée à sa soeur de six ans ?
    Non, c’est la mode !

Ces “griffes” obligatoires” et ces couleurs qui imposent à nos gars une tenue étrange : est-ce le nouveau code vestimentaire de l’école ?
    Non, c’est la mode !

Ces dames qui dépensent en pommades et en produits antirides : veulent-elles faire oublier qu’elles sont devenues grand-mères ?
    Non, c’est la mode !

Ces recours à l’esthéticien, restaurateur de poitrine fatiguée, de  bassin trop imposant : sont-ils des remèdes à de nouvelles  maladies ?
    Non, c’est la mode !

Ces messieurs aux bajoues disgracieuses, au crâne qui se déplume, aux muscles qui s’affaissent, usant les patchs lissants, les implants, le viagra, tout l’arsenal des petits et grands moyens destinés à lutter contre les outrages du temps : est-ce une cure de jouvence ?
    Non, c’est la mode !










On a lutté jadis contre la traite des noirs. Doit-on de nos jours lutter contre une nouvelle tyrannie : les diktats de la mode et de la pub, devenus une nouvelle traite des humains ?

Pourtant, ce culte du corps, de l’habit, de la mode, de la bouffe, n’est pas nouveau.

Saint Paul le reprochait aux gens de son époque :
       ”Ils ont fait de leur ventre un dieu !’"  (Phi 3-19) 

Beaumarchais rajoutait quelques siècles plus tard :
       “La sottise et la vanité sont compagnes inséparables”.

Socrate écrivait en son temps (470-399 av. J.-C.) :
      “Notre jeunesse aime le luxe, a de mauvaises manières, méprise l’autorité et n’a aucun respect devant l’âge. Nos enfants sont des tyrans. Ils contredisent les parents, se comportent mal à table et veulent tout savoir mieux que leurs professeurs.”


Rien de nouveau sous le soleil...
                       ou sous la pluie !