Biberon et houblon

    Jadis, dans les films ou à la télé, si un héros voulait accrocher son public par un look “in”, il devait avoir une cigarette à la main. Les émissions montrant des personnages plus relevés leur mettaient un cigare au bec. Je ne sais pas si les cameramen mouraient de la fumée secondaire, mais ça faisait chic et c’était dans les moeurs.

     Aujourd’hui, ce qui frappe dans tous les feuilletons télévisés, c’est l’omniprésence de la bouteille. Dès qu’un héros ou une héroïne entre à la maison, c’est le nez dans le frigo et la bouteille de bière. Pour les dames, on choisit souvent le vin qui fait plus raffiné. C’est à croire que les réalisateurs des téléromans sont de connivence avec notre gouvernement qui demande à la SAQ de gonfler les coffres de l’état.

    Une récente étude de l’université McGill a démontré que l’accoutumance au tabac peut se déclencher dès la première bouffée de cigarette. J’aimerais savoir si une étude sur “le besoin de la bouteille” ne démontrerait pas le prolongement de la tétée pour des adultes sevrés trop rapidement.

    De toute façon, je vous mets au défi de trouver un téléroman où la bouteille serait absente. Les plus fervents me diront que Jésus lui-même a changé de l’eau en vin, mais c’était exceptionnellement pour des noces, et les consommateurs n’ont tué personne au volant de leur âne ou de leur chameau, à ce que je sache !

     Comme le lys de notre emblème national n’est pas une plante aborigène, je proposerais de le remplacer par la “dive bouteille”, véritable marque de commerce  de nos moeurs.