Par un certain samedi soir, à la tombée du sabbat, un coq, la poule sa compagne et un joyeux lapin, leur ami de toujours, errent dans la pénombre en se racontant des choses troublantes.
      Le coq rapporte à ses comparses qu’avant de sonner le réveil matinal de la journée précédente, il avait entendu un dénommé Pierre trahir lâchement Jésus, un bon diable qui aimait et aidait tout le monde. Il ne comprenait pas pourquoi ce Pierre, pourtant très proche de ce Jésus, l’avait bêtement laissé tomber devant les dires d’une servante.
      La poule, pour sa part, n’avait pas entendu ce qu’il avait dit à la servante, mais elle l’avait vu fuir en pleurant et en se tirant la barbe dans un comportement pour le moins étrange.
     Quant au lapin, attiré hors de son terrier par les bruits d’une cohue délirante, il l’avait vu lui, ce Jésus, portant une poutre en se faisant insulter par les gens qu’il avait jadis aidés, et enfin se faire clouer de façon barbare sur une croix où il était mort quelques heures plus tard, en pardonnant à ses bourreaux.


    Ils s’interrogeaient encore lorsque soudain ils entendirent un bruissement dans les herbes hautes. Soudainement une vive lumière les aveugla pendant quelques instants.  Une musique étrange murmurait dans ce décor fantasmagorique et soudain les trois bêtes virent ce que jamais être humain n’avait encore contemplé : le fameux Jésus, crucifié la veille, était là devant eux,  ressuscité, bien vivant.

Il leur dit
tout en souriant :
- Mes amis, je vous ai toujours aimés, animaux petits et grands que mon Père et moi avons créés même avant les hommes. Je m’en vais les revoir, ces hommes, mais j’ai pour vous une petite surprise: lorsqu’on fêtera ma Résurrection, on vous associera à ma grande victoire.

C’est pourquoi, à Pâques,
on voit venir dans nos maisons
des lapins, des coqs et des poules,
bien vivants ou... en chocolat.