CLÔTURE  DE PERCHES
         Elle se tient debout, là-bas près de l'étang...

    Aux premières verdures du printemps, elle revient toujours me hanter de son bois crevassé, son allure désinvolte, son usure des saisons, et sa détermination à réapparaître intacte des affronts de la neige et du gel.

           Ma clôture possède un "je ne sais quoi" qui m'envoûte par son doigté à se marier au décor de la nature. En elle, point de trace de béton, de fil métallique, de résine de synthèse, mais simplement ces rides du bois buriné par les ans et les caprices des saisons.

  Sa beauté explose sans fard, dans la nudité de sa désinvolte sagesse. Plus elle vieillit avec les saisons, plus elle resplendit des rides de sa maturité.

    Un jour, je lui ai demandé le secret de sa beauté sauvage.

    Sa réponse profonde fut bien mystérieuse :

"Je  suis tout simplement comme
la nature :

 Je fais le temps
avec moi..."


        Je m'interroge encore  sur le sens de son message...