Briser la coquille
       Pâques est certes la plus grande fête religieuse de l'année et on comprend facilement le pourquoi de ses décors fleuris, puisque Pâques arrive après la pleine lune du printemps et que l'on sent tous l'envie de renouer avec la nature : tulipes, lis, chrysanthèmes, oeillets, expriment bien sa renaissance. J'avoue cependant m'être interrogé sur l'« oeuf de Pâques » ...

      D'un point à l'autre du globe, l'oeuf est représenté dans toutes les traditions, dans les légendes, comme le symbole de l'univers et de la vie. Il est considéré comme contenant le germe à partir duquel naquit le monde. Dans les temps anciens, on offrait toujours aux nouveaux mariés un oeuf de cane ou d'oie, symbole de la fertilité.

      La coutume des oeufs de Pâques se rattacherait à l'établissement du Carême. Dès le IVe siècle, l'usage des oeufs pendant ces quarante jours de pénitence fut interdit par l'Église. Une grande quantité d'oeufs se trouvant entassée dans les provisions de ménage, le moyen le plus expéditif de s'en débarrasser était de les donner aux enfants. Dès le jeudi saint, les enfants en commençaient la collecte. Ils allaient en bande, précédés des enfants de choeur et ramassaient dans des corbeilles les oeufs qu'on leur donnait. Ailleurs cette quête se faisait la veille de Pâques, appelée alors le « samedi des oeufs ». Et le jour de Pâques, ces oeufs étaient dégustés en omelette.

      Dans la pensée chrétienne, l'oeuf de Pâques représente la Résurrection du Christ qui brise la mort et repousse la pierre du tombeau, comme le poussin encore invisible va briser sa coquille pour naître à sa vie de lumière.

      Alors, que mon oeuf de Pâques soit réel ou en chocolat, qu'il soit naturel ou enjolivé de décorations, je dois en briser la coquille pour découvrir son contenu : l'éclosion d'une vie nouvelle dans la Résurrection d'un Christ porteur de la vraie Vie!

 
ALLELUIA!