Le mois des morts

        Novembre porte ce nom depuis longtemps. La chute des feuilles, la pluie, la grisaille de l'automne et la fête liturgique du 2 novembre appelée "Commémoration de tous les fidèles défunts" contribuent à perpétuer cette appellation, d'autant plus que l'Halloween se plaît à nous présenter des décors macabres plutôt mortifères.

      Une fois de plus - ils l'ont déjà fait dans l'industrie de l'automobile - les orientaux pourraient nous instruire et nous apprendre cette fois-ci à vivre le culte des ancêtres dans une communication intime avec la mort. Pour eux, les défunts sont omniprésents et il importe de les respecter et de les honorer. Les mânes des morts reviennent annuellement et dans chaque famille on prend soin de leur offrir fruits et encens en manifestant de la joie et de la reconnaissance.

        Je préfère cependant m'inspirer de l'Évangile pour apprivoiser cette re-naissance de la mort. Jésus lui-même affirme encore aujourd'hui que "le Seigneur n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants "... N'avait-il pas dit à Marthe, soeur de Lazare : " Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais."

          On connaît tous un peu l'histoire de Job, dépouillé de tous ses biens, frappé de la lèpre, et qui pourtant, assis sur un tas de cendre, proclamait :

"Ah! si seulement on écrivait mes paroles, si on les gravait en une inscription! Avec un burin de fer et du plomb, si pour toujours dans le roc elles restaient incisées! Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant, que le dernier, il surgira sur la poussière. Et après qu'on aura détruit cette peau qui est mienne, c'est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu. C'est moi qui le contemplerai, oui, moi!"(Job 19, 23-27)

    Novembre, mois des morts...  ou plutôt mois des vrais vivants... !

    Avec le vieux Job je me plais à chanter :

        "Le jour viendra Seigneur
        où je m'éveillerai en ta présence."