Publi-sac à l'église
        Lundi dernier j'entre dans une église pour me retrouver face à un bedeau hargneux qui m'explique qu'à chaque début de semaine la même besogne le met hors de lui: ramasser les bulletins paroissiaux que les gens ont feuilletés pendant l'homélie et qu'ils ont laissés par terre à travers les bancs.
-Pourquoi les paroissiens ne les apportent-ils pas à la maison?", lui ai-je demandé. Sa réponse m'a surpris:
-Le bulletin, c'est le publi-sac d'église: rien que des annonces!"

        Intrigué par sa réflexion, je me suis amusé (!) à en recueillir sept dans des paroisses avoisinantes et des dépanneurs pour constater à ma déception la justesse de ses dires. Sans parler de la présentation graphique qui souvent laisse à désirer, le contenu de ces publications est d'une grande pauvreté. On y annonce multiples réunions d'associations dont tous les membres admissibles connaissent les coordonnées; on répète la tenue d'événements dont les journaux locaux font manchette; on publie la fameuse liste des intentions des messes de la semaine, en n'oubliant pas le plus important : ceux qui ont payé pour que leur nom soit en évidence; on y rencontre parfois des réclames commerciales sous le couvert de "services à la population"; on n'oublie pas les résultats des quêtes et dîmes et de nombreuses sollicitations à la générosité des fidèles pour le chauffage, l'entretien, les salaires, les assurances et je ne sais quoi d'autre.

       Comme dans les publi-sacs, j'ai même découvert un "coupon à découper" pour avoir une réduction dans un commerce local.

      Et moi qui croyais naïvement que le bulletin paroissial fournissait aux gens un prolongement de la célébration dominicale par des éléments de réflexions, des textes adaptés de la liturgie, des "objectifs-vie" — sans doubler ceux de Novalis —, des interrogations de leur communauté, etc. Bref, je croyais que les gens apportaient leur bulletin paroissial à la maison et les collectionnaient comme ressourcement de leur vie ecclésiale.

                                           Je m'étais trompé ...